LA BOMBARDE
Ce site à pour but de vous présenter succintement cet instrument traditionnel.
Il ne demande qu'à être complété.
Toute information complémentaire est la bien venue 

si-bémol sol ré mi bémol
Les bombardes les plus usitées actuellement sont en Si Bémol, car préférées
par les bagadoù pour leur gammme, gamme médium.
Pourquoi utilise-t'on
actuellement des bombardes en sol pour jouer du Vannetais?
Dans l'ancien temps le La3 avait une fréquence de 415 Hz
(sonorité se raprochant des voix de chanteurs) et depuis les années 50, il
est passé à 440Hz. La bombarde en sol se rapproche donc le plus des anciennes
sonorisées. De plus, elle permet de jouer avec des instruments comme l'accordéon
diatonique (sol, do).
Bombardes
fabriquées par Paul Larivain
La bombarde fait partie des instruments à anches. Cette anche est une anche
double, c'est à dire qu'elle est composée de deux lamelles de roseau fixées sur
un tube de laiton. Ces deux lamelles vibrent sous l'influence de l'air émis par
le souffle. Comme l'élève peut le constater par lui même, en soufflant sans
serrer ni trop pincer l'anche avec ses lèvres, le son obtenu est très
particulier. Lorsque nous plaçons l'anche sur la bombarde, dans le logement
prévu à cet effet, ce sifflement prolongé et amplifié dans le corps de
l'instrument procure ce timbre si chaud et particulier à la bombarde.
Même si les hautbois sont présents en Bretagne depuis le XVI ème siècle, sur
des scultures, le terme bombart apparaît pour la première fois dans le
"Catholicon Breton" de Jehan Lagadeuc en 1499.
LA BOMBARDE AU XIX
SIÈCLE
| Surtout présente dans le Vannetais et en Cornouaille, la bombarde
était un symbole de fête. On pouvait donc l'entendre lors des pardons, mariages et de tous les gros rassemblements.
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Après la première guerre mondiale, l'influence américaine rencontrée sur les
champs de bataille et la francisation à outrance exercée par l'école détruisent
la culture musicale traditionnelle. Il ne reste plus à cette époque qu'une
centaine de sonneurs.
C'est à cette période que naissent des mouvements de
notables régionalistes qui invitent les sonneurs à participer à des concours, à
des fêtes comme celles des reines de Cornouaille de Quimper.
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A l'aube de la deuxième guerre, les bagads basés sur un aspect folklorique à l'intention des touristes se portent bien, les couples biniou bombardes sont dévalorisés car symbole d'une société rurale que l'on rejette.
A la sortie de la deuxième guerre, les groupes folkloriques sont décriés du
fait de la collaboration des extrémistes sous le gouvernement de Vichy. Un
amalgame est fait entre musicien et extrémiste ("Breizh atao"). Les Bagads s'en
sortent quand même grâce à l'image de fierté ressortant des joueurs de biniou
braz, dressés, propres et ordonnés. Bientôt des centaines de milliers de
personnes viendront les applaudir au Festival de Cornouaille. En 1953, à Brest
est créé le festival des cornemuses qui deviendra en 1971 le festival
interceltique de Lorient. En 1957, le championnat de Bretagne des sonneurs
de couples a lieu à Gourin. Des milliers de jeunes sont alors formés par les
Bagads, cette formation a sûrement permis de sauver la musique bretonne mais a
aussi eu le tort d'apprendre un type de musique académique peu en rapport avec
les musiques de couples traditionnelles.
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C'est à ce moment là que la bombarde a commencé à se mélanger à des instruments électriques dans des groupes de pop celtiques. Emmenée par Alan Stivell (penn sonneur du bagad bleï mor) elle triomphe à Paris, à l'Olympia.
Cet âge d'or permettait à une vingtaine de luthiers professionnels
d'exercer.
Une nouvelle génération de sonneurs nait. Désireuse de retrouver des anciens airs, elle lance une campagne de collectage et de formation. Cette génération moins médiatisée au cours des années 80 se fait un peu oublier avant de revenir en force au début des années 90 grâce à de jeunes groupes de festoù noz comme Ar re Yaouank.
Depuis les Festoù noz font le plein et les groupes succèdent aux couples tout au long de la nuit pour la plus grande joie des danseurs.



Les bombardes sont fabriquées par des luthiers, gardiens des connaissances
des anciens. Ces connaissances ont été transmises oralement.
Nous avons peu
d'information sur les luthiers avant 1880. Au début du siècle, les luthiers
étaient souvent des menuisiers ou des tourneurs sur bois. D'abord réparateurs
occasionnels d'instruments, ils décidaient, par curiosité, de se faire un
instrument et de fil en aiguilles devenaient luthiers.
Quelques grands luthiers:
Jean
Pierre Jacob (1865-1919) éditait des catalogues de ses instruments.
Douguet.
Le
Chenadec.
Robic.
Le
Goff.
Dorig Le Voyer (1940 Rennes) a beaucoup travailler sur les instruments de Bagad.
Capitaine
(Bourbriac).
Pierre
Guillou.
Le fabrication d'une bombarde commence par la sélection du bois. Un bois dur
est nécessaire pour réaliser cet instrument car l'épaisseur du bois est de
l'ordre du millimètre par endroit. De plus les variations de température et
d'hydromètrie à l'intérieur de l'instrument influé par le souffle des musiciens
ne doit pas perturber la tonalité de l'instrument. Tous bois dur peut faire
l'affaire mais deux bois sont préférés pour le timbre qu'ils donnent à
l'instrument : le buis et l'ebène du mozambique (melanoximon famille des
dalbergia). Ces bois proviennent respectivement de Bretagne et d'Afrique.
L'ébène n'apparaissant en Bretagne qu'à la fin du XIXème siècle.
La coupe du
bois se fait durant la période hivernale, par lune descendante, car la sève dans
les ramure est au plus bas.
Le choix du bois se fait d'après les désirs des
sonneurs, l'ebène étant préféré par les bagads car l'uniformité des bois permet
d'obtenir un groupe d'instruments de tonalités constantes. Le buis est lui
préféré par les sonneurs de couples car plus puissant et clinquant. Son
inconvéniant est qu'il travail beaucoup.
Le bois une fois choisi, il lui
faut sécher longtemps et soigneusement pour être sûr que l'instrument ne se
déformera pas et ne se désacordera donc pas au cours des ans.
Deux morceaux
sont alors découpés, un parallélépipède ou carlet et un cube.
Des marques
sont réalisées et on laisse reposer les morceaux pendant plusieurs mois afin de
vérifier si celui-ci ne prend pas de gauche.
Un pré-tournage précède la
perce à la lunnette à suivre. Celle-ci se fait avec un outil spécifique, fin et
très éguisé car la perce est des plus importantes, surtout pour faciliter le
passage à l'octave, c'est à dire jouer les notes les plus aigües de
l'instrument.
Les dimensions de l'instrument et de la perce sont propres à
chaque luthier.
Le tournage a ensuite lieu autorisant toutes les
excentricités suivant les désirs des sonneurs.
Les trous sont alors percés,
à des distances et des diamètres propres à chaque luthier.
Une dernière
perce et un dernier tournage ont alors lieu pour affinner le travail. Les
incrustations sont alors posées (bois, étain, cuivre, os, ivoire, cuir, pierres
précieuses, ...).
Les clés sont alors réalisées suivant les notes désirées
par les musiciens et le fait qu'ils soient droitiers ou gauchers.
On réalise ensuite le pavillon, au tour, et on l'incruste comme le reste de l'instrument.
Un essai a alors lieu pour vérifier la justesse et la facilité de jeux de
l'instrument, des corrections peuvent alors avoir lieu en ouvrant certains
diamètres par exemple.
Lorsque l'instrument est très spécifique, deux
instruments sont créés pour ne pas avoir à rectifier l'oeuvre finale car tant
qu'il faut percer tout va bien, mais lorsqu'il faut reboucher...
Il est bien évident que cela ne vaut que pour la personne qui se déplace chez le luthier, tous les luthiers ne réalisant pas d'instruments sur mesure pour tout le monde, production oblige.
Il ne reste plus qu'à vernir et l'instrument peut être vendu entre 800F et ... Le premier prix représente plus un instrument fait à la machine numérique, à la chaine. Il faut en fait compter sur un prix de 1500F pour obtenir un instrument artisanal.
Les luthiers bretons:
| Georges Bothua 20 rue des 4 vents, 56400 Auray 02 97 56 57 65 |
Gilbert Hervieux & Olivier Glet Le Val, 56350 Rieux 02 99 91 90 68 |
Hervé Jezequel Bretaudis, 56620 Pont Scorff 02 97 32 65 94 |
Paul Larivain coataliou 22450 Kermaria-Sulard |
Yvon Le Coant 19 rue Bel Air, 22520 Binic 02 96 73 36 99 |
Gilles Léhart Kernigen Trézélan, 22140 Bégard 02 96 45 36 03 |
Jean Luc Ollivier 29 La Forêt Fouesnant. |
A l'origine la plupart des sonneurs fabriquaient leurs propres anches.
mib
sib ut ré
Les anches sont essenciellement confectionnées en roseau ou canne (nom de cet
variété de roseau e Provence).
Ce matériaux est idéal car hétérogène, dur à
l'extérieur et mou à l'intérieur, il entre facilement en vibration.
Les
cannes utilsées sont d'élevage car plus résistante. Le roseau de cet région est
réputé grace à la composition du sol, le mistral pour la vigueur et soleil. De
plus une vrai tradition d' élevage existe.
variété utilisé : arundo donax du
mot celtic aru = eau donax en grec signifie roseau.
Les roseaux sont reçu
par sacs de 20kg coupé et calibré (diam. 25) mais seul 7 à 8 kg sont
utilisablent.

| Ils sont alors flechés (le canon est fendue avec une "flèche"). On les gouge ensuite pour enlever manuellement ou mécaniquement la matière tendre intérieur. Elle est ensuite coupé en largeur, prébisoté et gratté. Les lamelles sont alors repliées et assemblées sur un tube de laiton. Une fois fixées sur le tube il ne reste qu'à les affiner d'abord en vérifiant les cotations puis à l'oreille. Un souffle court suffit au facteur pour déterminer le travail qu'il reste à réaliser. |
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LE JEU DE LA BOMBARDE
Très physique, la bombarde ne se joue qu'accompagné. Traditionnellement on
l'a trouve avec le biniou coz, cette formule existe depuis le XVIII siècle suite
à la montée à l'octave du levriade de la cornemuse bretonne (l'ecart ainsi crée
à permis le maintient du couple d'instrument cornemuse chalemi qui a disparu
sauf en Italie où le couple Piffero/Zampogna représente la formule inverse
cornemuse grave et "bombarde aigüe").
Cet instrument demande du souffle et
une musculature faciale importante pour controler la pince de l'anche.
on joue dans tous les modes sauf les mode de fa (inaodible), la sensible n'existe pas en musique bretonne

remerciement à Paul Larivain, Ifig Castel et Daniel Le Noan pour leur aide.